Mathilde Caldérini (flûte traversière), Philibert Perrine (hautbois), 
Amaury Viduvier (clarinette), Nicolas Ramez (cor), Rafael Angster (basson)

En 2014, l’Ensemble Ouranos est créé à l’initiative du clarinettiste Amaury Viduvier. Les cinq jeunes solistes, issus du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, décident d’explorer le passionnant répertoire du quintette à vent. Mus par leur volonté de placer leur virtuosité instrumentale – récompensée par de nombreux prix internationaux – au service du jeu d’ensemble, les membres du quintette multiplient rapidement les collaborations artistiques de haut vol et proposent une interprétation résolument personnelle des grands classiques du répertoire. Dès sa création, l’Ensemble entre en résidence au sein de la Fondation Singer-Polignac.
Forts d’une solide expérience au sein des plus grandes phalanges françaises, les cinq musiciens ont pour volonté de nourrir d’un élan particulier le répertoire qu’ils choisissent d’interpréter. Avec l’idée que le quintette à vent se définit comme la cellule souche de l’orchesre symphonique, ils ont à coeur d’apporter à cette formation une palette de couleurs variées, explorant la richesse du mélange des timbres instrumentaux de chacun.
La collaboration avec d’exceptionnels chambristes – tels que les pianistes Nicholas Angelich, Bertrand Chamayou ou Guillaume Vincent, le violoniste Renaud Capuçon, le violoncelliste François Salque, des ensembles déjà constitués, comme le Quatuor Hermès – a permis à l’Ensemble Ouranos de trasncender les frontières du quintette, et ainsi d’élargir ses horizons musicaux pour faire découvrir la richesse de la musique pour instruments à vent.
En 2017, l’Ensemble Ouranos remporte le 1er Prix, le Prix du public, le Prix de la Fondation Bullukian et le Prix des internautes au Concours international de musique de chambre de Lyon.

ENSEMBLE OURANOS
Quintettes à vent
LIGETI, NIELSEN, DVOŘÁK

Label : NoMadMusic

Sortie : 30 novembre 2018

Dossier de presse

[TEASER] Ensemble Ouranos – G. Ligeti – Bagatelle n°1

Dès la création de l’Ensemble Ouranos, nous avons été intimement convaincus que c’est par une exploration enthousiaste du répertoire que nous allions forger notre identité artistique en tant qu’Ensemble. C’est encore aujourd’hui tout l’enjeu de notre recherche : que le phrasé de chacun rejoigne l’Ensemble dans une respiration commune.
 
Le choix de rassembler sur un même disque ces trois œuvres découle d’une double volonté de notre part.
En premier lieu, il s’agit de donner à entendre les multiples facettes du quintette à vent, par la diversité des langages proposés. La richesse de cette formation est due à la nature même des instruments à vent : celle-ci est à la fois solistique de par sa vocalité et pourtant profondément orchestrale dès lors que l’on mélange ses sonorités.
En second lieu, c’est la notion de folklore en tant qu’élément essentiel du discours musical que nous avons souhaité mettre en lumière. Ce folklore, omniprésent et protéiforme, nous apparaît comme un fil conducteur évident lorsqu’on met ces trois oeuvres en regard. Il est fascinant de constater à quel point les trois compositeurs transcendent un héritage national pour dire, chacun à leur manière, l’exaltation de leurs sentiments.
 
Anton Dvořák écrit son Quatuor à cordes n°12 – dit « Quatuor américain » – lors d’un séjour à Spillville, aux Etats-Unis, à l’été 1893. Cette petite ville de l’Iowa rassemble un grand nombre d’immigrés tchèques qui, ayant pour habitude d’entendre la musique de Dvorak jouée à l’église, l’y accueillent avec générosité.
 
Le compositeur livre en l’espace de deux semaines, dans un geste musical enthousiaste, une oeuvre puissante et généreuse où l’exotisme des grands espaces américains côtoie une évocation nostalgique de sa Bohème natale. Proposer une transcription de ce quatuor à cordes est une démarche certes ambitieuse mais qui nous semble incroyablement pertinente, tant elle apporte un nouvel éclairage (quasi-orchestral) à une œuvre dont l’écriture, si riche et si profondément intuitive, nous apparaît comme un encouragement à la licence artistique.
 
« Il n’y a pas d’enthousiasme sans sagesse, ni de sagesse sans générosité. » (Paul Eluard.)
 
Les Six Bagatelles de György Ligeti – tirées d’un recueil de pièces pour piano appelé « Musica Ricercata » – est un monument absolu du répertoire pour quintette. Ecrites en 1953 – alors que le jeune Ligeti est isolé des courants artistiques d’Europe de l’Ouest par la dure politique culturelle du régime hongrois – ces courtes pièces sont empreintes de l’influence de Bartók et de Stravinsky. Chaque mouvement comprend un principe d’écriture propre (facilement identifiable par l’auditeur) sur lequel le compositeur développe un jeu de combinaisons entre les timbres des instruments dans un rebond permanent. Remarquable numéro d’équilibriste pour les interprètes que l’exécution de cette pièce ! Entre précision diabolique exigée par l’écriture et énergie de chaque instant, il s’agit de mettre en relief à la fois la simplicité de la musique de Ligeti et le bouillonnement quasi-organique qui traverse l’oeuvre de part en part.
 
« Ainsi, mes Six bagatelles furent données à Budapest à l’automne 1956 (par le Jeney Wind Quintet) sous le titre Cinq bagatelles. En effet, la sixième pièce était toujours interdite à cause de la profusion de secondes mineures ; les systèmes totalitaires n’aiment pas les dissonances. » (György Ligeti.)
 
Le Kvintet, Op.43 de Carl Nielsen fut créé en 1922 par le Quintette à vent de Copenhague, par ailleurs dédicataire de l’oeuvre. Le compositeur danois, symphoniste renommé, y confirme une fois de plus son amour des instruments à vent. Selon nous, cet amour est à mettre en lien avec celui qu’il éprouvait pour la nature, rythmée par la respiration des êtres qui la composent.
 
D’un point de vue formel, Nielsen épouse les codes du classicisme, sur lesquels il appose un style unique en son genre par la richesse de ses mélodies et pour sa vitalité harmonique. Dans un jeu permanent entre la différenciation des timbres et leur savant entremêlement, Nielsen manie l’expression des sentiments et des caractères avec une remarquable subtilité, nous livrant ici une des plus belles pages de la musique de chambre pour vents. Presque cent ans après sa création, elle demeure l’une des pièces du compositeur les plus jouées dans le monde.
 
« La musique est Vie : dès qu’une note isolée résonne dans l’air ou l’espace, c’est le résultat de la Vie et du mouvement. C’est pourquoi la musique est l’expression la plus sensible de la pulsion de Vie… » (Carl Nielsen.)

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