Toute l’actualité du mois de juin

CDs

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Musiques du Silence
Mompou, Satie, Ravel, Debussy …
Guillaume Coppola | piano
  

Avec l’intelligence et la sensibilité qu’on lui connaît, le programme proposé par Guillaume Coppola sur les musiques du silence s’arc-boute en un seul souffe autour du compositeur catalan Federico Mompou, et invite d’autres musiciens à exprimer un retour à l’essentiel, une forme d’ascétisme et de mysticisme. Un programme tout en poésie mêlant raretés et pièces célèbres du répertoire. Une expérience sonore inouïe, quasi hypnotique.

Sortie le 5 Avril 201 | Label Eloquentia |Distribution Socadis

Communiqué de presse


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All’Ungarese
Kodály, Popper, Dohnányi
Aurélien Pascal | violoncelle, Paloma Kouider | piano

Premier Grand Prix au Concours Feuermann de Berlin à 19 ans, Aurélien Pascal a prouvé qu’il était l’un des plus brillant représentant du violoncelle de sa génération. Il nous le montre à nouveau dans cet enregistrement élaboré autour de Zoltán Kodály et de la Sonate Op.8, monument pour violoncelle seul aussi immense que révolutionnaire. Ajoutant encore à l’intérêt de ce disque passionnant, Ruralia Hungarica, recueil d’un autre compositeur hongrois, Ernő Dohnanyi, enregistré en première mondiale dans sa version pour violoncelle et piano.
Aurélien Pascal déploie dans ce disque toute l’étendue d’une virtuosité époustouffante, autant qu’une musicalité partout célébrée. Il trouve en Paloma Kouider une partenaire au piano non moins brillante et investie.

Sortie le 12 Avril 2019 | Label La Musica

Communiqué de presse


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Ravel à Gaveau
Valses nobles et sentimentales
David Lively | piano, Aurélien Pascal | violoncelle, Denis Pascal | piano, Svetlin Roussev | violon
 

Maurice Ravel a créé à la salle Gaveau quelques-unes de ses pièces majeures : les Valses nobles et sentimentales, Le Tombeau de Couperin, le Trio avec Piano et la Tzigane à l’occasion des concerts organisés par la Société Musicale Indépendante cofondée par le compositeur en 1909-1910.
Il revient à Svetlin Roussev, Aurélien Pascal, David Lively et Denis Pascal, quatres musiciens à la musicalité et à la virtuosité partout célébrée d’interpréter ces œuvres mythiques dans le contexte de leur création.

Sortie le 19 Avril 2019 | Label : La Musica

Communiqué de presse


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Ravel, lʼexotique
Takénori Némoto, Marie Lenormand, Pablo Schatzman, Iris Torossian,  Ensemble Musica Nigella

Ensemble Musica Nigella enregistre un programme entièrement consacré à Maurice Ravel aux côtés de Marie Lenormand, mezzo-soprano et sous la direction de Takénori Némoto. Les meilleures œuvres de Ravel sont réunies dans ce premier disque.

Sortie le 31 mai 2019 | Label Klarthe Records

Communiqué de presse


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PRÆLUDIO
Patrick LANGOT | violoncelle

PRÆLUDIO est le troisième opus – le premier en solo – de Patrick Langot chez Klarthe Records. Créateur du Quintette Syntonia, soliste et chambriste à la discographie saluée par la presse, violoncelle solo de phalanges internationales, il nous livre un récital sur trois instruments réunissant l’Alpha et l’Oméga du “Prélude” pour violoncelle seul. Un voyage du baroque à aujourd’hui, où Domenico Gabrielli dialogue avec Sofia Gubaidulina et où la création de Benoît Menut (Grand Prix SACEM 2016 “Jeune Compositeur”) côtoie une vision personnelle, spirituelle et inédite des plus célèbres pages pour violoncelle : les Préludes des 6 Suites BWV 1007 à 1012 de J.S. Bach.

Sortie le 24 mai 2019 | Label Klarthe Records    

Communiqué de presse


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La Patience
Gabriel SIVAK
Orchestre de Picardie, Arie Van Beek, Maya Villanueva
  

C’est un passionnant panorama de sa musique vocale que nous propose Gabriel Sivak dans ce disque monographique. La variété de ses univers séduit d’emblée. Sans jamais cesser d’être lui-même, Gabriel Sivak puise son inspiration un peu partout, chez les poètes de son pays (l’Argentine) ou chez Rimbaud, dans les musiques populaires, le slam ou le rap. Sifflets, murmures, voix d’enfants, cris de bébé peuplent cet univers onirique. Tout cela témoigne d’une insatiable curiosité et d’un bel esprit de liberté créatrice qui surprennent et enchantent l’auditeur.

Sortie le 12 avril 2019  | Label Klarthe Records

Communiqué de presse


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Trois Frères de l’Orage
Haas, Krasa et Schulhoff
Quatuor Bela

Dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, trois jeunes musiciens ont péri dans les camps de la mort, tués par la barbarie de l’homme, Haas, Krasa et Schulhoff.
« Trois frères de l’orage » rend hommage aux musiciens et revisitent leurs œuvres pleines du mystère…

Sortie le 19 avril 2019  | Label Klarthe Records

Communiqué de presse


Schwanengesang
Franz Schubert, Le Chant du Cygne
Thomas Dolié, baryton 
Olivier Godin, piano

Aux deux recueils de lieder retrouvés après la mort de Schubert, l’éditeur Haslinger ajoutait un quatorzième lied et donnait à l’ensemble le titre de Chant du Cygne. Faux cycle, mais véritable plongée dans l’intimité des derniers instants de la vie du compositeur.
Sortie le le 10 mai 2019 | Label Klarthe Records
Communiqué de presse


ARTISTES & ENSEMBLES MUSICAUX

ENSEMBLE CONTRASTE

La musique est une fête – Contraste la savoure, en toute liberté !

Après une actualité printanière riche en concerts et la restitution publique du projet annuel d’actions de médiation dans le Pas-de-Calais avec plus de 250 bénéficiaires de tous âges, retrouvez l’Ensemble Contrasteau gré de ses pérégrinations estivales aux 4 coins de la France, en Suède et en Belgique.
Nos musiciens rendront ces prochains mois hommage à Jacques Offenbach, Mozart, Purcell, Britten, Schubert mais aussi Joséphien Baker, aux côtés notamment de leurs amies chanteuses Jodie Devos, Karine Deshayes, Magali Léger et Chantal Santon …

 Pour ce beau mois de Juin, vous retrouverez l’ensemble Contraste au Théâtre des Bouffes du Nord, à Hardelot, aux Flâneries de Reims et à l’Abbaye de Noirlac !

CONCERTS

15 juin à 22h30
Midsummer Festival – Hardelot (62)
After show classic and jazz !
avec Marion Rampal (chant)

17 juin à 20h30
Théâtre des Bouffes du Nord – Paris (10ème)
Offenbach Colorature
avec Jodie Devos (soprano)
en partenariat avec la Fondation Bru Zane France

20 juin à 19h
Flâneries musicales de Reims (51)
Offenbach Colorature
avec Jodie Devos (soprano)
en partenariat avec la Fondation Bru Zane France

25 juin à 20h
Flâneries musicales de Reims (51)
Joséphine Baker
avec Magali Léger (soprano)

29 juin à16h
Abbaye de Noirlac (18)
Miroirs


VOCES8

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VOCES8, lauréat de nombreux prix internationaux, est l’un des principaux ensembles vocaux britanniques, et propose un répertoire allant des polyphonies anciennes jusqu’au jazz en passant par des arrangements populaires. VOCES8 captive son public à travers l’Europe par des concerts sensationnels, un chant raffiné aux multiples sonorités.

CONCERTS

11 juin 2019 à 20h30
Paris (Boulogne-Billancourt), La Seine Musicale

12 juin 2019 à 20h30
Paris (Boulogne-Billancourt), La Seine Musicale

13 juin 2019 à 20h30
Paris (Boulogne-Billancourt), La Seine Musicale


CD

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VOCES8
ENCHANTED ISLE

Sortie : 18 janvier 2019 • Label : DECCA
Le célèbre ensemble vocal britannique Voces8 dévoile sur leur nouvel album « Enchanted Isle » de nouveaux arrangements de mélodies écossaises et irlandaises, ainsi que chansons signées par des textes des plus grands poètes anglais. La musique écrite à l’origine pour le cinéma ou la télévision est réinventée pour créer des sonorités rappelant des paysages à l’aquarelle ou des sculptures soigneusement ciselées. « Enchanted Isle » jette un regard contemporain sur le paysage de collines et de vallées verdoyantes, de montagnes escarpées et de villages cachés.


JUDITH JAUREGUI piano

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Spontanéité, éclectisme, partage

Saluée par la critique comme une artiste lumineuse, élégante et personnelle, Judith Jáuregui est devenue l’une des figures marquantes de la scène musicale espagnole

Judith Jáuregui – Portrait

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Pour le tombeau de Claude Debussy – Live from Vienna’

Pour le tombeau de Claude Debussy comprend des oeuvres avec lesquelles Judith Jáuregui se sent particulièrement en osmose et qu’elle a données en concert à Vienne (Autriche) en octobre 2018.

Sortie mars 2019 – Label Ars Produktion.

Communiqué de presse


SAISONS ARTISTIQUES

ROYAUMONT – Abbaye & Fondation

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Créée en 1964, la Fondation Royaumont est propriétaire de l’abbaye fondée par St Louis en 1228, classée monument historique en 1927. La Fondation a pour mission de conserver et d’enrichir ce patrimoine, de le mettre au service des artistes et de le rendre accessible à tous les publics. Concerts, rencontres gratuites Fenêtres sur cour[s], ateliers, colloques… se déroulent toute l’année dans l’abbaye.

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Festival de Royaumont  du 7 septembre au 6 octobre 2019

Le Festival commencera le week-end des 7 et 8 septembre, avec une série de concerts liés à l’Académie Voix Nouvelles, en préambule d’un programme de musique d’aujourd’hui particulièrement aérien.
Les 14 et 15 septembre, la danse enlacera une proposition musicale singulièrement transculturelle.
Le samedi 21 septembre sera consacré à Bach et Telemann, le dimanche 22 aux chants arabes et andalous.
Schumann sera au cœur du 28 septembre, suivi, le lendemain, de Rameau et de ses contemporains.
Le Festival s’achèvera le week-end des 5 et 6 octobre avec les voix de talentueux lauréats, avant d’atteindre un point d’orgue le dimanche.


PHILIPPE MAILLARD PRODUCTIONS

Philippe Maillard Productions propose des concerts différents de ceux des grandes salles parisiennes, notamment par les lieux atypiques où ils prennent place ( Salle Gaveau, Église Saint-Roch, Salle Cortot, Oratoire du Louvre, Théâtre Grévin…). Avec la présence des plus grands artistes comme Philippe Herreweghe, Jordi Savall, Sigiswald Kuijken, Pierre Hantaï, Jean Rondeau, Daniel Reuss et Lionel Meunier entre autres.

Lundi 3 Juin 2019 – 20h30
Théâtre Grévin

Justin Taylor, clavecin
J.S. Bach

29e saison des concerts Philippe Maillard Productions
2019/2020

Cette nouvelle saison sera l’occasion de célébrer plusieurs anniversaires importants d’ensembles qui ont marqué nos concerts depuis presque 30 ans. Le Collegium Vocale Gent, qui magnifie la musique de Bach depuis des années à l’Eglise Saint-Roch, fêtera en 2020 les 50 ans de sa création. Il sera là pour quatre concerts exceptionnels, d’Arvo Pärt à Monteverdi, de Bach à Gesualdo. Le Poème harmonique fêtera de son côté ses 20 ans avec un programme Castaldi et Belli, tout comme les Folies Françoises qui nous offriront un Stabat mater de Pergolesi.
Laissez-vous tenter par l’inconnu, sortez des sentiers battus sans aucun parti pris ni a priori !

Communiqué de presse

Brochure 2019/2020


PIANO **** 
Des concerts d’exception depuis 1967

Daniel Barenboim et Staatskapelle Berlin, Nelson Freire, Elisabeth Leonskaja, Sunwook Kim Valentina Lisitsa, Edgar Moreau, Alexei Volodin, Andras Schiff, Nicholas Angelich, Elena Bashkirova, Radu Lupu, Murray Perahia, Rafal Blechacz…

Lundi 17 Juin 2019 à 20h30
Grande salle Pierre Boulez-Philharmonie

RAFAL BLECHACZ, piano
avec Quatuor Meccore
Chopin

Saison 2019-2020, Piano****
Pour la saison 2019-2020, Piano**** a souhaité maintenir la même exigence de qualité qu’il défend depuis plus de cinquante ans au sein du paysage musical parisien. Les concerts proposés s’inscrivent dans une continuité d’excellence qui privilégie avec passion les valeurs de partage et d’émotion.


FESTIVALS D’ÉTÉ

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Festival de la Vézère
du 9 juillet au 22 août 2019

Créé en 1981 le festival de musique classique se déroule chaque été, pendant les mois de juillet et août, sur tout le département de la Corrèze dans la région de la “Nouvelle Aquitaine” en France. Il accueille des artistes de renommée internationale.

Dossier de presse
Communiqué de presse


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Nice Classic Live
du 15 juillet au 9 août 2019

Le Nice Classic Live a repris, en 2018 le flambeau du festival du Cloître, s’appuyant sur une longue tradition de musique classique à Nice. Riche de son passé, mais résolument tourné vers l’avenir, Nice Classic Live veut s’inscrire parmi les événements majeurs de la vie culturelle estivale.


Dossier de presse
Communiqué de presse


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Nuits de la Citadelle Sisteron 
du 19 juillet au 13 août 2019

Le festival les Nuits de la Citadelle de Sisteron est l’événement important du paysage culturel sisteronais et des Alpes provençales. 

Dépliant du festival
Dossier de presse
Communiqué de presse


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Festival Sinfonia en Périgueux
29é édition
du 24 au 31 août 2019 

Événement majeur de la musique baroque, le festival se déroule chaque année à la fin du mois d’août, dans certains lieux du patrimoine de la région de Périgueux.

Dossier de presse
Communiqué de presse


A DECOUVRIR

J.S. BACH : Concertos BWV 1055, 1056, 1058 David Fray, piano
par Marc DARMON

J.S. BACH : Concertos BWV 1055, 1056, 1058 David Fray, piano

1 DVD Virgin 213064 9

Voici un DVD particulièrement instructif. Il est en fait en deux parties. Tout d’abord un film de Bruno Monsaingeon décortique l’enregistrement pour le disque compact des concertos de Bach, avec préparation, répétition et prise de son. La seconde partie montre l’interprétation intégrale des trois concertos qui a suivi l’enregistrement audio. On dispose donc à la fois d’une interprétation filmée de trois des plus beaux concertos de Bach, mais aussi d’un film passionnant d’un grand spécialiste sur la création d’un enregistrement moderne, qui nous apprend beaucoup sur le travail de répétition, de mise en place orchestrale, de coordination interprétative et stylistique entre le pianiste et son orchestre.

David Fray est un pianiste français de vingt-huit ans, extrêmement doué et attachant. Il dirige ici du piano, malgré la barrière de la langue, la Deutsche Kammerphilharmonie de Brème, petit orchestre de vingt cordes habitué des interprétations à l’ancienne. Le jeu de David Fray est magnifique à entendre (le CD a été un des tubes de l’année 2008, commenté ici par notre camarade Jean Salmona), mais aussi passionnant à voir comme au concert. Le moins qu’on puisse dire et que son apparence et son jeu ne laissent pas indifférent : visage torturé, position du corps déconseillée par tout professeur, on croît voir souvent Glenn Gould. L’image de Glenn Gould est omniprésente dans ce DVD, par la position du pianiste souvent recroquevillée sur le clavier, ses mimiques représentant une concentration extrême et une communion intense avec la musique. Le jeu de David Fray aussi a beaucoup de points communs avec celui de Glenn Gould, par ce  mélange de notes déliées et détachées comme au clavecin avec des phrasés inventifs et des nuances seulement possibles au piano.

Le travail de répétition est passionnant. Nous entrons là dans un monde habituellement caché. : les choix d’interprétation émergent peu à peu, soit d’un travail personnel et solitaire du pianiste avant les séances de répétition, soit de la confrontation avec son orchestre (il faut voir le regard horrifié de la violoncelliste lorsque David Fray demande exceptionnellement de jouer avec un peu de vibrato, style désormais banni pour les œuvres antérieures à Beethoven). Les moments de grande tension alternent avec les instants de détente (avec humour et coca-light).

Après les répétitions, assister à l’interprétation intégrale est particulièrement enrichissant, car tout ce que le pianiste a demandé et dit qu’il ferait  est bien là. On en apprécie d’autant plus ces magnifiques concertos. De plus, voir les musiciens non pas en tenu de concert mais en tenu d’enregistrement (donc en « civil ») donne l’impression qu’ils jouent pour eux-mêmes, après des périodes de répétition intense et qu’ils profitent d’être ensemble pour se faire plaisir, sans être interrompus par les différentes prises. Et nous, nous assistons à cela, aux premières loges. Exceptionnel.

Philharmonie de Berlin : concert de la St Sylvestre 2014, Mozart Rameau, Dvorak, Kodaly

Philharmonie de Berlin : concert de la St Sylvestre 2014, Mozart Rameau, Dvorak, Kodaly

Simon Rattle, direction ; Menahem Pressler, piano

1 DVD ou 1 Blu-Ary Euroarts 2061134

C’est un programme pour soirée de fête, avant que tous, spectateurs et musiciens, aillent célébrer le nouvel an 2015 avec leurs proches. Le programme est donc naturellement disparate, mais contient des merveilles. Simon Rattle avait déjà annoncé qu’il quittait la tête de la Philharmonie de Berlin, pour retourner dans son Angleterre natale. Sa succession à ce poste le plus en vue de la musique classique a d’ailleurs donné lieu à un feuilleton à rebondissement et à suspens début 2015. Rattle a choisi pour ce soir-là des œuvres qui couvrent une période de deux cents ans, du baroque français (Les Indes Galantes, 1735) au musicien hongrois post romantique Zoltan Kodaly (Hary Janos, 1927), en passant par Dvorak, Brahms, Chopin et Mozart.

On est obligé de débuter cette chronique par le concerto en La de Mozart, le célèbre vingt-troisième, car cette partie du concert est une expérience unique. Le soliste en est Menahem Pressler, à quatre-vingt-onze ans passés. Pressler a créé le Beaux-Arts trio soixante ans auparavant, la référence pour les œuvres pour trio avec piano, forme qui a donné le jour à de nombreux chefs d’œuvres (Haydn, Mozart, Beethoven, Brahms, Schuman, Tchaïkovski, Rachmaninov, ….). Mais Pressler se produit en soliste depuis ses quatre-vingt-cinq ans, après la dissolution du Beaux-Arts trio, et avoir changé deux fois de violoncelliste et trois fois de violoniste. Et on réalise depuis dix ans quel magnifique pianiste soliste est celui qui a été l’âme d’un des ensembles de musique de chambre les plus important de ces dernières décennies. En bonus, le DVD propose un touchant film documentaire sur l’artiste.

Le vingt troisième concerto de Mozart est naturellement un chef d’œuvre. Le second de ses trois mouvements est très célèbre, son thème ayant été repris dans de nombreuses illustrations musicales, dont le magnifique l’Incompris de Luigi Comencini, relatant l’injustice envers un frère ainé. Naturellement, on a entendu ce concerto dans de nombreuses interprétations mémorables, les versions de références du jeune Barenboïm, de Murray Perahia, d’Ashkenazy, de Brendel, de Geza Anda, de Brendel, ou les interprétations mémorables d’un Horowitz très âgé (près de dix ans de moins que Pressler, tout de même) ou Serkin. Et pourtant, jamais on n’a entendu ce que l’on entend (et voit) dans ce concert. C’est proprement parfait. Mais attention, pas parfait comme un bon élève, parfait au sens que cela parait inégalable. Le toucher, le phrasé sont absolument sublimes, et seraient déjà incroyables chez un pianiste de trente ans de moins. Quel magnifique pianiste. Bien sûr c’est le célèbre adagio qui convient le mieux à l’artiste, dans les deux mouvements extrêmes on peut avoir l’impression que le pianiste ralenti imperceptiblement le tempo de l’orchestre (que Rattle dirige là sans baguette). Standing ovation naturellement (en présence de la chancelière), et donc en bis Pressler nous offre un superbe nocturne de Chopin, où là encore son sens du toucher et du « rubato » font merveille, idéal comme l’enregistrement que Claudio Arrau en fit en 1978 (à soixante-quinze ans) et qui est peut être un des dix plus beaux disques de piano au monde.

Le reste du programme est très réussi, et les spectateurs de ce gala n’ont pas dû regretter leur soirée. En ouverture, une rareté à Berlin, une sélection des morceaux orchestraux dansants des Indes Galantes, opéra ballet de Rameau (1735). Avec un orchestre allégé, le même que pour le Mozart qui va suivre, Rattle donne une vraie leçon d’interprétation à l’ancienne, avec un parfait style des violons, des flutes (le français Emanuel Pahud en première flute soliste), des percussions anciennes, et des chaines telles que décrites dans la partition pour le célèbre Air des Sauvages.

Après l’entracte, deux danses slaves de Dvorak, une danse hongroise de Brahms, très enlevées, et la suite d’orchestre tirée de l’opéra-comique populaire Hary Janos, de Zoltan Kodaly (prononcer « Kodaille »), présenté ici comme un véritable concerto pour cymbalum, extrêmement festif. Quelle soirée !

Fantaisies du Second Empire – Duos harmonium & Piano

Revue subjective

L’harmonium est mort, vive l’harmonium !

Le devoir de mémoire se saisit de ma plume et réveille mon âme révolutionnaire, car cet instrument fauché par l’implacable effet de mode est tombé bien trop tôt dans les oubliettes du temps. Il mérite son panégyrique, alors rendons lui hommage ! Et même si l’album ne nous offre que des duos (parfois duels) avec piano, c’est bien de lui dont il s’agit, sans offense aucune pour le piano dont les vanités n’ont nul besoin d’être caressées.

Sous l’impulsion de Napoléon III le Paris du Second Empire se modernise et s’invente, la capitale veut éblouir le monde et rassembler les élites. Les voies tentaculaires du baron Hausmann ouvrent la ville, les théâtres et grands magasins poussent comme des petits pains, et l’esprit de fête envahit la capitale. Il faut vivre, voir, et écouter en grand ! Mais les parisiens apprécient également une vie plus intime dans laquelle la musique s’exprime et se ressent différemment, une vie plus secrète dans laquelle les musiciens expérimentent des sonorités nouvelles, et c’est dans ce contexte que notre héros apparaît.

A Paris la mode est au salon, et l’on prend plaisir à s’y retrouver entre intellectuels, artistes et amis pour partager des moments musicaux. C’est ici que l’harmonium – ou orgue expressif – reprend souffle, plus habitué à prendre la poussière dans les églises que les devants dans les salons. Par son physique singulier, son timbre nostalgique et sa sonorité étonnante, il attire les yeux et les oreilles. Les musiciens lui composent des œuvres originales pour que cet instrument soit bien plus qu’une simple curiosité.

Cet album s’ouvre avec la Sonate op.61 de Lefébure-Wely qui s’exprime en 3 temps. L’Allegro maestoso nous présente deux personnages aux caractères opposés : un piano confiant, séducteur, parfois même autoritaire, et à ses côtés un harmonium beaucoup plus timide, sentimental sans grande confiance en soi. Pourtant ce sont bien là deux amis qui dialoguent et qui se connaissent depuis longtemps. Parfois ils s’invectivent, mais ils prennent aussi le temps de s’écouter et de se comprendre. L’harmonium n’ose pas encore s’exprimer librement, il préfère accompagner le piano et soutenir sa mélodie, quelques fois même il la reprend pour imiter son mentor et s’imprégner de sa force. Mais à la fin de ce premier acte, le piano se fait plus discret et s’imprègne de douceur pour à son tour honorer son ami, il l’incite même à prendre les devants. Ainsi se termine cet éveil musical très expressif dans lequel le Paris nostalgique se pavane et se romance. L’Andante laisse place à l’harmonium qui peut enfin dévoiler ses sonorités les plus romantiques et les plus sensibles. Le piano tout en nuance offre de délicates arpèges et sait se faire discret quand il le faut, sa subtilité surprend. Un ré majeur d’une profonde émotion. Enfin, le Final Vivace met les deux instruments sur un même pied d’égalité, parité oblige. Ce mouvement est rempli de joie et célèbre la vie dans toute sa splendeur, les amis se sont retrouvés et chantent ensemble. Le temps est à la fête et à l’audace, tous les éléments ne font plus qu’un. Ce dernier acte nous permet également de comprendre les intentions du compositeur qui, sans doute ravi que sa musique soit jouée en salon, y voit déjà une dimension bien plus grande : la salle de concert.

La promenade musicale se poursuit avec le Prélude, fugue et variation, op.18 de Franck dans un univers plus spirituel, où l’âme de Jean-Sébastien Bach parfume le salon. L’harmonium révèle les secrets les plus enfouis, ses sonorités nous bercent de nostalgie. Les thèmes reviennent et se développent comme des chansons, les jeux d’intervalles montants et descendants sur le clavier nous invitent à danser. On se laisse emporter par le rythme et les émotions de cette musique très cinématographique que Michel Legrand devait à coup sûr apprécier. Chaque instrument prend le temps de s’exprimer et de se dévoiler en solitaire (approche poétique), et permet aux deux interprètes de révéler une grandeur intérieure qui enrichit leurs âmes et nous communique le Beau (parallèle harmonieusement inspiré de Kandinsky dans son « Du Spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier »)

Enfin les Six Duos, op.8 de Saint-Saëns viennent terminer le concert pendant que les invités, confortablement installés dans leurs sièges capitonnés, dégustent thé et pâtisseries. La Fantaisia e fuga fait revenir le piano virtuose au devant, à l’image d’un Paris faisant le paon, alors que l’harmonium lutte pour se faire entendre. Le duo redevient duel, mais dans un esprit de progrès : chaque instrument essaie de surprendre l’autre et l’invite à toujours plus d’audace et de liberté. Petite pause spirituelle qui fait écho à Franck avec la Cavatina où l’âme romantique s’exprime pleinement. Le combat reprend de plus bel juste après avec le Choral. Les trois derniers duos, dont le  Finale triomphe en apothéose, gardent cet esprit très parisien, joyeux et animé, et mettent en parallèle la technicité pétillante du piano avec la dimension profonde de l’harmonium. Ces duos sont d’ailleurs dédiés à Lefébure-Wely, ce qui, dans la construction de l’album est pertinent : la boucle est bouclée.

Avec ce premier enregistrement mondial sur instruments historiques, les éditions Hortus nous révèlent un mystère : le Nautilus musical que l’on croyait emporté avec tous ses secrets dans les abysses du temps a refait surface ! Quant aux sceptiques qui auraient du mal à concevoir une association piano et harmonium, par sensibilité d’oreille ou d’esprit, rappelons ces quelques vers écrits par Alfred De Musset dans Namouna lorsqu’il évoque le doux chant de Don Giovanni en duo avec le timbre étonnant de la mandoline.

…on dirait que la chanson caresse
Et couvre de langueur le perfide instrument ;
Tandis que l’air moqueur de l’accompagnement
Tourne en dérision la chanson elle-même
Et semble la railler d’aller si tristement
Tout cela cependant fait un plaisir extrême.

Dmitri Shostakovich : les 15 Symphonies, les 6 concertos

8 DVD ou 4 blu-ray Arthaus 75519

Orchestre du Mariinsky de Saint Petersbourg, Valery Gergiev

Né en 1906, Shostakovich a connu les révolutions de 1917, le régime et les exactions du régime de Staline, la mort du dictateur (et de Prokofiev, le même jour) et le succès des apparatchiks, et il est mort en 1975 avant toute perestroïka. Sa vie et son œuvre se sont inscrits au sein d’une société totalitaire. Bien sûr son œuvre est marqué par la période, tantôt patriotique (7° Symphonie, …), tantôt protestataire contre la guerre (8°Symphonie, …), contre le régime (et 10° Symphonies, 8° quatuor, Trio n°2, …), contre l’antisémitisme (13° Symphonie, …), tantôt, il est vrai, en support à une propagande à un régime qu’il ne soutenait pas (11° et 12° symphonies « 1905 » et « 1917 »). Mais avant tout, comme le suggère Gergiev toujours prompt aux compromis, il faut prendre ses œuvres comme ce qu’elles sont, des œuvres de musique pure, avec une science de l’effet, de l’émotion, de l’orchestration comme on n’en avait pas entendues depuis Mahler. Mahler ! Le nom est lâché. En effet tout relie les deux artistes, dont l’héritage symphonique est pour tous les deux la part la plus importante de l’œuvre (pour Mahler, presque exclusif) : le sens de l’orchestration, le sarcasme permanent sur la situation humaine et de la société, l’émotion maximale tirée de leurs passages poignants, les références personnelles incessantes, …

Le chef boulimique et hyperactif Valery Gergiev et son Orchestre du Théâtre Mariinsky (appelé Kirov pendant la période communiste) de Saint Pétersbourg (lieu de naissance de Shostakovich) ont joué et enregistré l’ensemble des symphonies et concertos en une dizaine de soirée à la feue Salle Pleyel en 2013/2014. La publication intégrale est une formidable opportunité de découvrir, à son rythme, les merveilles de ce répertoire.

Par où commencer ? Découvrez tout d’abord les deux symphonies les plus connues, à juste titre : la cinquième, réaction espiègle et ironique à la mise au banc du compositeur en 1936 sous prétexte que sa musique n’était pas jugée assez accessible, et la dixième, où Shostakovich célèbre la mort de Staline en signant chaque mouvement de son tétragramme DSCH (Dmitri SCHOstakovich, selon la prononciation russe et la gamme germanique, Ré-Mi bémol-Do-Si bécarre), motif clamé sans fin. Puis tentez les symphonies patriotiques : la septième « Leningrad », créée en 1942 à Leningrad pendant le siège, par des musiciens faméliques, radiodiffusée par la BBC et la NBC (dirigée par Toscanini) la même année en hommage et soutien aux combattants russes, et la huitième, la préférée de Gergiev.

Ensuite découvrez les symphonies « classiques », la première (à 18 ans !) et la neuvième. Puis les symphonies militantes onzième « 1905 » et douzième « Année 1917 » (que Gergiev demande de réévaluer, comme l’avait fait mon grand-père qui me l’offrit il y a quarante-trois ans, le jour de la mort de Shostakovich).

Alors vous serez prêts pour attaquer les trois derniers chefs d’œuvres. La treizième symphonie mettant en musique pour voix de basse six poèmes, dont le célèbre manifeste contre l’antisémitisme Babi Yar, d’Evtouchenko, poète toujours vivant aujourd’hui, qui se lamente sur l’assassinat en masse en 1941 de près de cent mille juifs en Ukraine dans le « Ravin de Grand-mère », Babi Yar. La quatorzième, mettant en musique des poèmes d’Apollinaire (dont la célèbre Loreley), Garcia Lorca et autres poètes expressionnistes, poèmes sélectionnés pendant son séjour à l’hôpital. Pour la première fois, Shostakovich y choisit un effectif très réduit, uniquement cordes et percussions, ce qui donne une impression d’intimité, et, avec la présence de deux solistes chanteurs au milieu de l’ensemble orchestral, un effet proprement hypnotique. Et la quinzième, la plus énigmatique, où un Shostakovich affaibli fait un collage de symboles de sa jeunesse (Rossini, Wagner, ses propres musiques de film, …) et de ses œuvres emblématiques (quatrième et septième symphonies, …). Terminez par les symphonies expérimentales, moins accessibles, la quatrième, un chef d’œuvre, et les seconde et troisième symphonies.

Gergiev n’hésite pas à se produire en accompagnateur de concertos, contrairement à Mravinsky, son prédécesseur pendant cinquante ans à Leningrad. Tous les concertos de Shostakovich sont donc présents dans ce coffret. Les concertos pour violon ont été créés par David Oïstrakh, les concertos pour violoncelle par Rostropovitch, et les concertos pour piano par Shostakovich et son fils. Les chefs d’œuvres sont les premiers de chaque type, les premiers concertos pour piano, pour violon et pour violoncelle. Mais comment ne pas se délecter du simple second concerto pour piano, composé pour son fils Maxim, et de son incroyable mouvement lent, là interprété brillamment par Matsuev. Et de l’interprétation magnifique de Mario Brunello du second concerto pour violoncelle, et des deux incroyables bis qu’il nous offre (dont une cadence originale du premier concerto).

L’interprétation est à encenser tout du long des seize heures de musique. Gergiev dirige sans baguette, parfois s’aidant d’un simple cure-dent. Sa direction très expressive, adaptée aussi bien à Tchaïkovski, Mahler, Wagner (succès récents) ou Verdi, est magnifique ici. L’orchestre est d’une grande virtuosité : les cuivres et les bois, souvent solistes ou à découvert, sont très surs, très musicaux.

L’édition est très luxueuse, définitive. Les images sont magnifiques, encore plus en blu-ray. Chaque symphonie est précédée d’un commentaire introductif de Gergiev de quelques minutes, passionnant. L’ensemble est accompagné d’un livret en français décrivant chaque œuvres (et artistes), le DVD comprend un film en bonus décrivant la vie et l’œuvre de Shostakovich de façon chronologique, illustré par la vidéo des symphonies mais aussi de ballets, quatuor et opéra. Le film montre aussi l’excellent pianiste qu’était Shostakovich (mention au concours Chopin !), les témoignages poignants de son fils Maxim et de Rudolf Barshai.

Naturellement l’image apporte énormément par rapport à un disque, comme un concert. Pour des œuvres d’une telle densité, d’une telle richesse, pouvoir suivre des yeux les pupitres permet réellement de mieux « comprendre » la musique, de mieux réaliser ce qui se passe. Voilà une somme formidable, un trésor où trouver sans fin de nouveaux plaisirs.

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